Est-ce qu’on parle de départ ?
Voyager est parfois une chose magique dans la vie des gens.
Connaître d'autres cultures, sortir un peu de la zone de confort, se mettre
dans des conditions que nous faisons apprendre différentes choses, aussi
apprendre à nous connaitre, nos limites, nos envies, à respecter les
différences et le différent. Parfois on s'éloigne pour se rapprocher et c'est
justement ça que parfois parle de départ dévient pénible.
Depuis quelques temps je n'aime plus utiliser le terme «
départ », je préfère le terme « aller ». Je vous explique un peu pourquoi. Le
terme départ, à mon avis, représente qu'on revient à ce qui nous appartient, ou
revenir d'où j'appartiens. Si on s'en va, c'est-à-dire, je ne rentre pas, car
ici où je suis c'est mon chez moi, c'est aussi une de mes maisons, c'est aussi
un lieu où je me sens bien et avec les gens que me laissent l'impression que je
n'ai même pas besoins d'un visa pour y rester. Le pire, c'est que j'ai un peu
oublié qu'il me fallait un visa, cela m'a obligé de sortir et de revenir pour
le renouveler.
Quand je vais à quelque part, soit pour une courte ou longue
durée, je peux me sentir chez moi, même que je sache qu'il me faudra repartir
bientôt. À ceux qui ne comprennent pas pourquoi je vous écris ce texte, cela
est facile à comprendre. Récemment, je sens que je réponds toujours mal quand
quelqu'un me dit : tu vas me manquer. Bon, en fait, je ne réponds pas. C'est
justement ça le problème. Repartir c'est un mot dur, m'en aller c'est un double
sentiment. Un premier, le bonheur de revoir la famille et les amis lesquels
j'ai laissé au Brésil, un deuxième, laisser d'autres que j'ai fait pendant ce
temps-là.
Bien sûr qu'on n'est pas si bête que ça, on met en place des
mécanismes de défense, des protections. On essaye de commencer à s'éloigner, de
faire des choses tout seules, d'être un peu tout seul, de penser moins dans le
départ et plus dans l'arrivée et dans le présent. Bon, je dis on, mais je parle
de moi, c'est plus simple quand on parle un peu en plurielle.
De toute façon, on aperçoit qu'on essaye de s'éloigner et
donc, on essaye de se rapprocher, de passer un maximum de temps ensemble, de
faire de petites choses qu'on a fait ensemble toujours. Comme on disait hier,
on ne fête pas qu'une fin de cycle, on fêtera aussi le début d'un nouveau
cycle, des nouvelles aventures et de nouvelles rencontres. Et si je me demande,
est-ce qu'on en parle de départ ? Oui, on parle de départ, mais aussi de rencontres,
autant que de nouvelles allées. On fait de câlins, on fait, on boit un verre,
un café, un ciné. Si vous me permettez de vous présenter un mot en portugais,
je vous laisse la réflexion sur « saudade », un sentiment que ressemble à la
nostalgie, le manque, les bons souvenirs, les beaux moments vécu.

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